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Nos Coups de Coeur

 Les deux vies de Baudoin de Fabien Toulmé

Baudouin et Luc sont des frères très différents : Baudouin est un homme solitaire ayant pour seule compagnie son chat et est enfermé dans un quotidien monotone rythmé par le « métro-boulot-dodo » tandis que Luc est un grand baroudeur constamment parti à l’autre bout du monde pour des missions humanitaires et grand séducteur. Tout les oppose mais ces deux-là s’adorent et lorsque Baudouin va apprendre qu’il ne lui reste plus que quelques mois à vivre, Luc ne va pas hésiter à chambouler la vie de son frère et l’emmener en Afrique pour passer les derniers moments ensemble.

Fabien Toulmé nous offre ici une histoire très émouvante qui aborde avec pudeur la question des sentiments fraternels, de la relation au père, de la maladie et de la mort. Tout en sensibilité et avec une dose d’humour, ce roman graphique nous invite à une réflexion sur le sens de notre vie. Devons-nous attendre l’annonce d’une mort imminente pour commencer à vivre pleinement notre vie et réaliser nos rêves? Serions-nous capables de tout envoyer balader du jour au lendemain ?

« On a deux vies, et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on n’en a qu’une » (Confucius)


 La Daronne, d'Hannelore Cayre

Qui aurait pu penser que Patience Portefeux, veuve de 53 ans, mère de deux enfants, traductrice judiciaire mal rémunérée qui doit en plus s’occuper de sa mère placée dans un EPHAD finirait en trafiquante de drogue surnommée la Daronne ?

Hannelore Cayre nous dessine ici un portrait de femme ordinaire (quinquagénaire anéantie par la mort de son mari, épuisée par une lutte quotidienne pour élever ses enfants du mieux qu’elle peut et subvenir aux besoins de sa mère malade) qui du jour au lendemain va prendre sa vie en main pour pouvoir offrir une vie meilleure à ses filles. Et avec un père PDG véreux qui a magouillé toute sa vie, Patience a été à bonne école.

L’auteure nous propose dans ce roman un sujet que l’on retrouve fréquemment dans les polars mais abordé sous un jour nouveau. Finis les caïds et les barons de la drogue, ici c’est une respectable mère de famille qui fait la loi. Au-delà de ça, Hannelore Cayre aborde avec succès des sujets de société qui nous touchent tous. Original, bourré d’humour, caustique à souhait, La Daronne se lit d’une traite grâce à une écriture fluide et rapide et l’on ne s’étonnera pas que l’auteure est non seulement une écrivaine de talent mais aussi une avocate pénaliste côtoyant le monde de la petite délinquance…



 Le cas Sneijder de Jean-Paul Dubois

Entre moments de légèreté et de grande souffrance, Jean-Paul Dubois réussit à nous émouvoir et à nous faire prendre complètement partie pour cet homme qui a tout perdu et qui est totalement incompris par ses proches qui ne cessent de le juger. Humour noir, auto-dérision, dépression, Jean-Paul Dubois manie l’art de nous faire rire et compatir à la fois en créant un personnage auquel on s’attache rapidement. Dans le même genre mais sur un sujet beaucoup moins tragique, nous vous conseillons aussi « Vous plaisantez, Monsieur Tanner », relatant les tribulations d’un homme qui se lance dans la rénovation d’une maison reçue en héritage…

Ragdoll de Daniel COLE

Pour un premier roman, Daniel Cole a vraiment frappé fort  en nous proposant un thriller psychologique qu’on a sincèrement du mal à lâcher avant d’avoir fini. Malgré la monstruosité de ce cadavre recomposé à partir de six victimes, aucune description sanglante ou de viscères qui se promènent. L’auteur réussit ici à nous tenir en haleine grâce aux nouveaux éléments d’enquête et aux rebondissements récurrents dans le roman ainsi qu’avec cette fameuse liste de prochaines victimes… La diversité des personnages  (un célèbre inspecteur déchu, son ancienne coéquipière qui a un sérieux penchant pour l’alcool, un collègue bientôt à la retraite, le bleu de l'équipe qui va gagner en assurance au fil de l’enquête et enfin leur chef qui n'hésite pas à s'attirer les foudres de son supérieur pour défendre son équipe) montre à quel point l’auteur excelle en tant que conteur et manie l’art de l’écriture en nous faisant vivre des montagnes russes émotionnelles. Où est la limite entre le Bien et le Mal ? La justice et l’injustice ? Absolument captivant !

Mommy de Xavier Dolan,

ce jeune et ultra talentueux réalisateur canadien met à nouveau en scène le couple mère-fils. C’est à vous couper le souffle tellement c’est beau. Les trois acteurs principaux Antoine- Olivier Pilon, Viviane Pascal et Anne Dorval sont époustouflants. Chacun des personnages mènent un combat dans la violence, le drame et l’acharnement.

   Le sel de la Terre de Wim Wenders

et Juliano Ribeiro Salgado, film documentaire  qui retrace la vie et le travail du photographe brésilien Sebastiao Salgado. On n’a qu’une envie en sortant du film, c’est de se (re)plonger dans son œuvre. Et à ce propos, en 2016, le photographe se met au service de la liberté de la presse en offrant à Reporters Sans Frontières, une anthologie de ses 100 plus belles photos en noir et blanc. A bon entendeur…





  Pars avec lui d’Agnès LEDIG

Deux destins celui d’une infirmière et d’un pompier que la vie n’a pas décidé d’épargner.

Un roman poignant que vous ne pourrez plus lâcher quand vous l’aurez commencé. C’est la vie dans ce qu’elle peut avoir de plus âpre et de plus beau. On sourit, on rit, on pleure.

Après Juste avant le bonheur, Agnès LEDIG signe un très beau roman où l’on retrouve son univers tendre et définitivement attachant.


  Héloïse, ouille! de Jean Teulé

La première partie du roman, éminemment érotique, relate dans le détail les amours charnelles d’Héloïse et Abélard, couple mythique des années 1100 et quelques, gisants de nos jours enlacés au cimetière du Père Lachaise. C’est chaud-bouillant entre le maître et son élève mais pas du goût de l’oncle Fulbert, qui furax d’être pris pour le dernier des c… décide de faire couper les perverses c… (ouille, ouille, ouille !) d’Abélard.
La seconde partie met en scène l’errance du célèbre théologien devenu moine et l’enfermement d’Héloïse au couvent d’Argenteuil. Ca aurait pu manquer de saveurs après les émotions des premières pages mais non, car Teulé a du talent et de l’humour à revendre.
Qu’on ne s’y trompe pas, sous le graveleux, il y a la poésie, la tendresse pour les personnages, le jeu avec la langue (française!), le goût pour l’Histoire, un style unique... Vivement le prochain, Jean!


Coup de cœur pour Olivier Truc, journaliste, correspondant du Monde et du Point, spécialiste des pays nordiques et baltes et auteur de deux romans policiers à lire absolument :

  Le dernier lapon,

Premier opus qui initie notre rencontre avec Nina et Klemet de la police des rennes basée à Kautokeino, dans le grand nord lapon. Cette première enquête débute par le vol d’un tambour chaman qui devait être l’événement au centre culturel de Kautokeino. Tour à tour, on soupçonne les fondamentalistes protestants puis les indépendantistes sami . A cela s’ajoute la mort d’un éléveur de rennes qui va amener nos deux enquêteurs à explorer le passé, sur les traces de l’expédition menée par Paul Emile Victor, en 1939. Que signifient les mystérieux signes gravés sur le tambour et que racontent les Joïks, ces chants traditionnels ?

   Le détroit du loup,

Suite des aventures de Nina et Klemet à la période de la transhumance des rennes. Les meurtres se succèdent sur fond de rivalité entre les éleveurs et les compagnies gazières et pétrolières qui empiètent chaque jour un peu plus sur leur territoire. Cette nouvelle enquête nous plonge, cette fois-ci, dans les conflits entre sami et intérêts économiques qui font du développement gazier et pétrolier en mer de Barentz une priorité absolue et qui vouent à la disparition le mode de vie sami. On y fait aussi connaissance avec le monde des plongeurs qui ont participé à cette logique de développement industriel au prix de leur santé morale et physique, ce qui constitua, en Norvège, un scandale du travail.

A travers ces romans, Olivier Truc poursuit son travail journalistique nous faisant profiter de sa connaissance du territoire lapon et de la culture sami. Il interroge les bouleversements contemporains et nous éclaire sur des faits de société lointains. Ses deux personnages récurrents, Nina et Klemet, sont très attachants et sont le reflet même de cette société en mouvement.


 Le liseur du 6h27

de Jean-Paul DIDIERLAURENT

« Employé discret, Guylain Vignolles travaille au pilon, au service d'une redoutable broyeuse de livres invendus, la Zerstor 500. Il mène une existence maussade mais chaque matin en allant travailler, il lit aux passagers du RER de 6h27 les feuillets sauvés la veille des dents de fer de la machine ... »

 Un métier pas banal pour ce personnage amoureux des livres qu’il détruit pourtant quotidiennement par semis. Et c’est avec une grande tendresse que l’on suit Guylain dans ses journées qu’il a décidé de commencer en lisant dans le métro. Il  va y rencontrer deux auditrices pas banales qui vont le mener à la scène peu conventionnelle des Glycines mais il va surtout y rencontrer son destin.

C’est avec bonheur que l’on lit ce 1er roman du nouvelliste vosgien, lauréat à deux reprises du Prix Hemingway et en refermant ce malicieux conte moderne, on comprend pourquoi.

 Alors, vous aussi, pour une fois n’hésitez pas, prenez le métro de 6h27 !


Pas pleurer de Lydie SALVAYRE

Extraits du magnifique roman Pas pleurer de Lydie Salvayre, lauréate du Goncourt 2014, ces mots qui parlent de la guerre civile espagnole et dont la portée s’impose bien au-delà, ces mots réchauffent le cœur, du seul fait de leur existence :

« Josep passe la main sur son front, comme un dormeur qui s'éveille d'un cauchemar. Il est terrassé, comme Bernanos est terrassé au même moment à Palma, et pour des raisons similaires. Il reste figé sur sa chaise, paralysé d'effroi, plus mort que vif. On peut donc tuer des hommes sans que leur mort occasionne le moindre sursaut de conscience, la moindre révolte ?

On peut donc tuer des hommes comme on le fait des rats ? Sans en éprouver le moindre remords ? Et s'en flatter ?

Mais dans quel égarement, dans quel délire faut-il avoir sombré pour qu'une "juste cause" autorise de telles horreurs ?

Josep, tout comme Bernanos à Palma, découvre qu'une vague de haine ronge ses propres rangs, une haine permise, encouragée, décomplexée, comme on le dirait aujourd'hui, et qui s'affiche fière et contente d'elle-même.

Josep n'aspire plus qu'à rentrer chez lui le plus vite possible. Sa décision est prise. Il ne s'engagera pas dans la guerre. On va peut-être le traiter d'embusqué, il s'en fout. Il rentrera au village avec Joan et Rosita. Montse, qui refuse de partir, restera avec Francisca.

Ça la fera grandir.

Il ne croit pas si bien dire.

Le lendemain, c'est le 8 août, se souvient ma mère sans une once d'hésitation (moi : tu te rappelles cette date ? ma mère : il paraît que j'ai une tête de linotte, c'est ce con de docteur qui le dit, mais tu vois !), le lendemain, le Conseil des ministres du gouvernement français décide la non-intervention en Espagne, tout en déplorant extrêmement extrêmement extrêmement la guerre effroyable qui ravage ce beau pays. »

Et encore :

« As-tu comprendi qui étaient les nationaux ? me demande ma mère à brûle-pourpoint (…). Il me semble que je commence à savoir ce que le mot national porte en lui de malheur. Il me semble que je commence à savoir que, chaque fois qu’il fut brandi par le passé, et quelle que fût la cause défendue (…), il escorta inéluctablement un enchaînement de violences, en France comme ailleurs. »

Deux grands romans de Joyce Carol Oates :

 Maudits,

où l’on se retrouve plongés à Princeton, dans les Etats-Unis du XIXème siècle. Au cœur d’une communauté de privilégiés et d’illustres familles américaines, la chronique qui se forme autour des Slade et de leurs voisins, soudainement accablés par une série d’événements surnaturels, donne un éclairage sur les mœurs et la vie politique de cette époque. Ainsi croise-t-on dans ce récit l’ancien président des Etats-Unis Grover Cleveland, le président de l’université et futur président des Etats-Unis Woodrow Wilson mais aussi le jeune socialiste Upton Sinclair et les écrivains Jack London et Mark Twain. Joyce Carol Oates n’épargne aucun d’eux, les décrivant tour à tour, assoiffés de pouvoir, lâches, intolérants… Mais c’est dans le dénouement de cette histoire qui court sur quelques 800 pages fascinantes, que l’auteur révèle son véritable sujet littéraire dans une dénonciation de la religion, quand celle-ci est « dévoyée ». A la lecture de ce roman de Oates, on pensera forcément au roman Les revenants, de sa cadette Laura Kasischke, pour les lieux, l’atmosphère surnaturel, les aspirations vampiriques…

 

 Mudwoman,

titre de ce superbe roman et surnom de l’héroïne. M.R. Neukirchen, devenue première femme à présider une grande université américaine, ne se ménage pas, elle mène tout de front avec dévouement et ferveur. C’est sur les lieux de son enfance, où elle se trouve pour prononcer un important discours, que tout bascule. Rattrapée par le traumatisme de son enfance, M.R. vacille. L’effondrement est tant psychique que physique. Les souvenirs traumatiques affluent. Abandonnée à trois ans par sa mère et laissée pour morte dans les marais des Adirondacks, Mudgirl « l’enfant de la boue » est recueillie et élevée par les Neukirchen, un couple de Quakers qui l’aiment et la protègent. Quarante ans plus tard, alors que la guerre en Iraq est imminente, que ses collègues conservateurs guettent ses faux-pas et que son amant de toujours, son pygmalion marié et fuyant n’est pas là, le passé ressurgit, engloutit Mudwoman jusqu’à la folie, jusqu’à l’oubli de son corps. Voilà un récit tendu, angoissant, peuplé de visions cauchemardesques mais un magnifique roman, inoubliable.


 


L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage




de Haruki MURAKAMI

Dans son nouveau roman, Murakami évoque les failles et les fragilités que provoquent une vie en société. Comment être heureux quand on traîne, derrière soi, une blessure ?

Quand Tsukuru rencontre Sara, il pense à un avenir possible avec elle. Pour la première fois, il se confie et lui parle d’un événement survenu lors de son adolescence, et qui l’a profondément marqué. A sa demande, Tsukuru se rend à Nagoya et en Finlande pour tenter de comprendre ce qui s’est passé il y a 16 ans quand ses amis surnommés Rouge, Bleu, Blanche et Noire lui ont signifié qu’ils ne voulaient plus jamais le voir. Pour pouvoir vivre et être heureux avec Sara, il lui faudra s’alléger de ce poids, combler ce vide qui l’a fait vivre comme on est mort.

Avec Murakami, il y a une simplicité de l’écriture à travers laquelle se dévoile, toujours, une profondeur inouïe. Et nous, lecteurs, nous plongeons allègrement et intimement. Ce roman est une beauté.

   Patients de GRAND CORPS MALADE

Premier écrit en prose pour Grand Corps Malade qui nous  fait plonger au cœur d’un centre de rééducation pour handicapés lourds. Avec la plume poétique, drôle et incisive qu’on lui connaît, il livre le récit de son année de convalescence dans ce centre. Il nous fait entrer dans ce monde méconnu qu'il découvre alors : l'immobilité totale, les soins quotidiens, les médecins et les infirmiers dont on est entièrement dépendant. Des histoires personnelles, émouvantes, parfois drôles. Avec ces camarades, handicapés tout comme lui, il vit, le temps de cette renaissance en rééducation, des péripéties truculentes et cocasses, entre les rires et les larmes, qu’il nous raconte avec humour et beaucoup de générosité. C’est une leçon de vie, et d’optimisme, pour chacun d’entre nous.

 Mémé de Philippe TORRETON

Dans les yeux de l’enfant puis de l’adulte, l’auteur nous dépeint le portrait de sa mémé, c’est plein de tendresse, écrit avec poésie et  humour et surtout plein d’amour. Un petit livre qui se lit le sourire aux lèvres vous évoquant  évidemment les valeurs de ces mamies d’un autre temps où les mains se faisaient raides des travaux du jardin, où le gâchis était un mot qui n’existait pas et où les baisers se donnaient peu.


 Xénia de Gérard MORDILLAT

L’auteur nous emmène à la rencontre de Xénia, 25 ans et Blandine 30 ans, voisines de palier dans une cité parisienne. Entre boulots mal payés et enfants, l’entraide devient le seul moyen pour ces jeunes femmes de s’en sortir. L’amitié qui les lie face aux coups durs de la vie leur permet de ne pas se noyer.

Description sans détour de leur quotidien, de l’univers des travailleurs de l’ombre que sont les agents d’entretien et des dérives de certaines boîtes qui n’hésitent pas à profiter de la précarité de ces femmes  et de celui de la grande distribution qui n’est pas en reste.

Un livre résolument moderne sur la course effrénée que certaines mères de familles célibataires mènent au quotidien . 

Un monde beau, fou et cruel

de Troy BLACKLAWS

Dans l’Afrique du Sud post apartheid, le rêve d’un pays arc-en-ciel, tel que le désirait Mandela, est mis à mal. Reprenant le titre d’une chanson de Johnny Clegg, Un monde beau, fou et cruel met en scène deux personnages aux noms ô combien symboliques (d’ailleurs, le nom de l’auteur est, lui aussi, tout à fait troublant) : Jabulani Freedom, professeur d’Anglais au Zimbabwe, contraint de quitter son pays et sa famille pour avoir eu l’audace de se moquer des chemises trop colorées du Président Mugabe, et Jérusalem -dit Jéro- jeune «coloured» de père noir et de mère blanche, moitié musulman, moitié juif, qui, après avoir fait sa thèse sur Garcia Marquez, se retrouve à Hermanus à vendre de la camelote sur le marché, et qui s’éprend d’une jeune femme idéale mais inaccessible.

A travers le parcours de ces deux personnages, Troy Blacklaws dépeint une Afrique du Sud à la fois magnifique, porteuse d’espoir et de poésie et en même temps, violente, inhospitalière. Vraiment, voilà un magnifique roman dont on sort, à regret, mais grandi.

La maison atlantique

de Philippe BESSON

Ce roman, c’est le récit a posteriori, que nous livre un jeune homme. C’est l’histoire, racontée dans un détachement apparent, de quatre semaines de vacances qu’un fils passe avec son père dans la maison familiale d’une ville de la côte atlantique. C’est l’été, le fils aurait préféré être ailleurs, avec ses amis, mais il est là, avec ce père. La mère, elle, est morte quelques années auparavant. Le père s’est accommodé de sa disparition – ils étaient déjà séparés lorsque c’est arrivé. Pour le fils, c’est plus compliqué. Entre ces deux-là, il existe une tension, un « contentieux », comme l’explique Philippe Besson. Mais tout est tu : le dégoût, la rancœur, la haine. Ce séjour était censé les rapprocher, mais très vite, chacun mène sa vie de son côté. Et puis, un couple, Raphaël et Cécile, s’installe dans la maison voisine. La jeune trentenaire est belle ; elle devient la proie consentante du père séducteur.

Ce qui se noue cet été-là, c’est une tragédie, un drame lent et inexorable qui dévore ses personnages. Son déroulement nous est livré sur un ton à la foi désinvolte, léger et cruel, à la manière de Françoise Sagan, chère à Philippe Besson.

  Les revenants

de Laura KASISCHKE

Au début du roman, un prologue magnifique dans une ambiance surnaturelle et une poésie, partout : Deux étudiants d’une université américaine ont un accident de voiture. La jeune fille, Nicole, meurt et Craig, son petit ami est désigné comme responsable de sa mort.
Quelques jours après l’accident, sur le campus du Godwin Honors College, certains disent avoir vu Nicole, quelques un  auraient même couché avec elle… La parfaite et virginale Nicole, membre de la sororité Oméga Thêta tau, serait-elle revenue hanter le campus, sous la forme d’un vampire?
Craig, de retour à l’université malgré sa peine et le rejet des autres, et son ami Perry, ainsi que deux enseignantes, Shelly et Mira, tentent de démêler les événements tandis que deux récits s’entremêlent : l’évocation du passé proche ou lointain des personnages et l’après- accident, sur le campus.
Il est presque impossible de lâcher ce roman hypnotique. Superbe ! Laura Kasischke est une grande écrivaine contemporaine.

 

  Demain, j'arrête

de Gilles LEGARDINIER

Mais qui est ce Ricardo Patatras, nouveau voisin de Julie, jeune trentenaire célibataire depuis peu et employée de banque ? Des choses stupides, dans sa vie, Julie en fait pas mal mais celle de faire de ce nouvel arrivant une obsession était bien la pire de toutes...Gilles Legardinier se met dans la peau d'une jeune femme avec un tel brio que l'on suit Julie dans ses folies quotidiennes en oubliant que c'est la main d'un homme qui trace son destin. Tout au long de ce récit, on sourit, on est ému, on éclate de rire ! Une écriture fine et intelligente, Gilles Legardinier réussit parfaitement son premier roman après avoir excellé dans le polar.

  La servante et le catcheur

de Horatio CASTELLANOS MOYA

Le récit prend place en plein coeur d'une guerre civile en Amérique centrale, chaque protagoniste a choisi sa place dans une société gangrénée par la violence. Tantôt victimes, complices ou acteurs des événements, tous sont prisonniers dans cette spirale de la violence : quand le quotidien bacsule dans la terreur. Un roman court et violent qui se lit d'une traite.

  Et puis Paulette

de Barbara CONSTANTINE

Après A mélie sans mélo et Tom, petit homme, tout petit homme, Tom, Barbara Constantine signe à nouveau une de ses romans dont elle a le secret et comme on les aime tant ! Pourquoi vivre seul dans la tristesse et la solitude Ou quand l'entraide peut sauver le quotidien de "ptits vieux" en manque d'attentions ? Ferdinand, veuf, vit seul dans sa ferme, un lendemain d'orages et sur les conseils avisés de ses 2 ptits lulus, ses deux petits-fils, il décide d'héberger sa voisine dont le toit est à deux doigts de s'effonder...la colocation va s'étoffer tout au long du récit se faisant se rencontrer des destins qui étaient loin d'imaginer pouvoir vivre ensemble. Un roman sur les relations humaines dans ce qu'elles ont de plus beaux...En voilà un qui vous fera du bien !


  La scène des souvenirs

de Kate MORTON

 Ce récit romanesque, à plusieurs voix se lit comme une enquête policière. L’auteur tisse savamment sa trame entre différentes époques. Durant l’été 1960 la jeune Laurel Nicolson, assiste à la ferme familiale à un événement dramatique.  En 2011, devenue une célèbre actrice, elle se rend au chevet de sa mère mourante.  En feuilletant un album de famille, elle découvre une photo de  celle-ci en compagnie d’une inconnue. Elle décide d’enquêter sur un pan ignoré de la vie de sa mère, à Londres entre 1938 et 1941. Sur le thème du secret de famille, et mais aussi de la rédemption, ce beau roman vous entraine vers un dénouement inattendu.


BD/ MANGAS

   Un océan d’amour,

de Wilfrid Lupano et Grégory Panaccione

A ne  pas manquer, la quatrième de couverture de ce magnifique album, où l’on peut lire, entre autres, « A consommer de préférence avant que l’océan ne fasse plus rêver. »

Un matin ordinaire, quelque part en Bretagne. Du seuil de sa maison, une femme salue affectueusement son mari qui rejoint le port de pêche et son bateau la Maria, pour sa sortie en mer quotidienne.

Les choses se gâtent quand la frêle embarcation croise la route du mastodonte Goldfish, monstrueux bateau -usine à l’efficacité redoutable. C’est le début des péripéties pour le pêcheur qui défiera tous les dangers afin de retrouver son foyer (y compris celui de devoir manger les fameuses sardines à l’huile!) et pour sa femme qui, agacée par les jérémiades et le fatalisme des bigoudènes, part vaillamment à la recherche de son homme. Un chassé-croisé s’engage, fait de rencontres dangereuses et improbables.

Bravo à Lupano qui, après Les vieux fourneaux poursuit avec talent son travail dans cette BD sans texte, et à Panaccione pour le dessin. Humour et tendresse, à vrai dire, tout un océan d’amour.


Bride Stories

de Kaoru MORI

La vie d'Amir, 20 ans, est bouleversée le jour où elle est envoyée dans le clan voisin pour y être mariée. Elle y rencontre Karluk, son futur époux...un garçon de huit ans son cadet ! Autre village, autres moeurs. La jeune fille, chasseuse accomplie, découvre une existence différente, entre l'aïeule acariâtre, une ribambelle d'enfants et Smith, l'explorateur anglais venu étudier leurs traditions. Mais avant même que le jeune couple ait eu le temps de se faire à sa nouvelle vie, le couperet tombe : pour conclure une alliance plus avantageuse avec un puissant voisin, le clan d'Amir décide de récupérer la jeune femme. 

Un voyage époustouflant , tant par le graphisme soigné que par le souci du détail, dans la vie quotidienne des steppes caucasiennes, orchestré par le mangaka Kaoru Mori, qui n’a plus plus rien à prouver après le succès de ses précédentes série « Emma » et « Shirley ». 

Un très bon moyen de découvrir le genre et vous convertir définitivement au Mangas ! 

Un Seinen à dévorer !

(à partir de 14 ans )

 Blast de Manu LARCENET

Avec son roman graphique Blast, en quatre tomes intenses et sombres, Manu Larcenet nous plonge dans l’errance ultraviolente et sensible de Polza Mancini, ancien critique culinaire qui décide de tout plaquer après la mort de son père. Dans la salle d’un commissariat, deux policiers sont chargés de recueillir les aveux de Polza, soupçonné de l’agression horrible d’une jeune femme, Carole Oudinot. Débute alors le récit de sa progressive déchéance, entrecoupée de blast - ces moments tant convoqués, intenses et hallucinants où Polza se sent léger, libéré de ce corps de 150 kg et de toute souffrance - de rencontres avec des êtres sombres, violents , de passages dans des hôpitaux psychiatriques d’où il s’échappe toujours. Chapeau bas à Manu Larcenet, tant au niveau de la forme : le graphisme, la couleur grise dominante et déclinée, que du fonds : triste genèse d’un chaos intérieur aux conséquences funestes.

 

JEUNESSE


Le loup qui mangeait n’importe quoi,

Manu Larcenet et Christophe Donner

Quand l’ultra talentueux Manu Larcenet s’associe à Christophe Donner, ça donne un album génialissime, écrit en rimes, s’il vous plaît! Et d’un drôle!

Prenez un loup affamé, bête et méchant, incapable de se contrôler. Mettez sur sa route une brebis qui rote, un cochon qui pète, un écolier morveux, des jumelles qui se rongent les ongles et s’entortillent les cheveux et enfin un écrivain même pas capable de finir une histoire et vous obtenez cet album, hilarant, écrit en alexandrins, césures et autres petits amusements de la langue française. Et les enfants adorent!

    Les Histoires de Marcel

d'Anthony Browne

Anthony Browne dédie cet album « à tous les grands écrivains et à tous les grands illustrateurs qui [lui] ont insufflé le désir de faire des albums ».

Il leur rend hommage à travers le personnage de Marcel (son double simiesque) qui nous invite à entrer en lecture comme on franchit des portes. C’est une ouverture vers un ailleurs,  vers quelque chose d’EXTRAORDINAIRE et bienvenus dans le monde de la littérature. L’auteur nous offre dix belles doubles pages faisant chacune référence à un grand classique. Dans le dessin se cachent des trésors de malice et le texte convie toujours le lecteur à participer et à donner son avis, qu’il connaisse ou pas le récit original. Les livres sont partout présents, figurant un arbre, un oiseau, un escalier. C’est une véritable déclaration d’amour à la lecture.

PS : Me faisant découvrir avec passion cet auteur, une collègue m’avait signalé qu’il y a toujours une banane cachée dans un album d’Anthony Browne. Je ne manque donc jamais de la chercher, et éprouve une grande satisfaction  quand je la trouve car il y en a en effet toujours une, même bien dissimulée !

 

Des conseils de lectures pour aborder la guerre 14-18 et accompagner les enfants vers une meilleure compréhension, du partage et des mots. Les auteurs jeunesse s’y sont collés et avec quelle intelligence !


Le Baron bleu Baum et Thierry Dedieu

Le baron bleu a une drôle de façon de faire la guerre. À bord de son avion, il lance des livres pour repousser l'ennemi !


L’ennemi Davide Cali et Serge Bloch

Deux trous déchirent la page. Dans ces deux trous, deux soldats, deux ennemis. Sur fonds blanc, on suivra les états âme de ce soldat de plus en plus perdu et ceux de son ennemi, celui d’en face. Car ici le manuel le dit : l’ennemi est une bête féroce et sanguinaire qui empoisonne et brûle les villages. Mais le quotidien peut-être moins romanesque. Face à la lui-même, petit à petit, le petit soldat-héros s’interroge sur l’autre, s’intéresse à son ennemi, à ses sentiments, à sa famille. Il apprendra sans doute que l’autre, l’ennemi, lui ressemble un peu et qu’ensemble ils pourraient même arrêter la guerre.


Les deux soldats Michel Piquemal et Julien Billaudeau

Cet album raconte les destins parallèles de Tibo et de Toma, deux hommes devenus soldats le temps d'une guerre, qui vont s'affronter.


14-18, une minute de silence à nos arrière-grands-pères courageux de Tierry Dedieu

Superbe album  pour une lecture nécessairement accompagnée (à partir de 10 ans). Un livre hommage aux poilus, avec des images violentes et réalistes, pour dire la guerre là où les mots ne sont plus.


  Y en a un qui va louper la migration

de Bérengère Le Gall

Pour ceux et celles qui aiment les lectures expressives, suivre Piouf dans ses tentatives d’envol, c’est tout un exercice : grimaces, mimiques, onomatopées. On l’accompagne vraiment  Piouf . On a envie qu’il réussisse. Très peu de paroles dans cet album mais une succession de situations plus drôles les unes que les autres.
Et en plus, ça finit bien. Enfin, sauf peut-être pour les dodos…décidément trop sensibles !


Madame le lapin blanc

de Gilles BACHELET

Vous connaissez sûrement Le lapin Blanc ! Non ? Mais si vous savez, il court tout le temps avec sa montre en main… Il court, il court tant il est en retard…Mais oui, celui d’Alice, celui du Pays des Merveilles ! Eh bien, ce lapin a une femme qui confie son quotidien à son journal. Sa vie de mère n’aura plus de secret…et on saura enfin pourquoi le lapin blanc est toujours en retard (même quand il ne va pas au palais !!!)
Si vous aimez Alice aux Pays des Merveilles, vous serez ravis de retrouver certains personnages et de nouveaux dans des situations de la vie quotidienne d’une famille de lapin du Pays des Merveilles. Pour les enfants et les grands enfants !


  Mamouchka et le coussin aux nuages

de Michel Piquemal et Nathalie Novi

 Mamouchka est une très vieille femme dont le plaisir est de faire son tour au marché à tout petits pas. Un jour, elle achète un coussin magnifique qui lui fera vivre ou plutôt revivre sa vie dans des songes aussi beaux qu’émouvants.
Cet album relatant la mort est fait avec tant de poésie et de douceur qu’il est difficile de retenir ses propres émotions à sa lecture. Sans compter que les magnifiques illustrations agrémentent le texte de couleurs très douces.


Chez Milan Jeunesse :

Quelques documentaires jeunesse pour l'oeil aiguisé de nos chères têtes blondes qui ne manqueront pas de découvrir qui se cachent sous ces peaux, ces poils, ces yeux et ces...cacas...n'en déplaisent aux parents, ça marche à tous les coups !

 

DVD

 Philomena de Stephen Frears

L'histoire vraie et poignante de Philomena Lee joué par une Judi Dench incroyable :

"Irlande 1952, encore adolescente, elle tombe enceinte. Rejetée par sa famille, elle est envoyée au couvent de Roscrea. En compensation des soins prodigués par les religieuses avant et pendant la naissance, elle travaille à la blanchisserie, et n’est autorisée à voir son fils, Anthony, qu’une heure par jour. À l’âge de trois ans, il lui est arraché pour être adopté par des Américains. Pendant des années, Philomena essaiera de le retrouver.
Quand, cinquante ans plus tard, elle rencontre Martin Sixmith, journaliste désabusé, elle lui raconte son histoire, et ce dernier la persuade de l’accompagner aux Etats-Unis à la recherche d’Anthony."

C'est bouleversant, joué avec une grande finesse avec cet univers anglais propice à cet humour fin en toutes circonstances. Un très beau duo d'acteurs, un film qui vous laissera des traces...

 

  Les enfants loups, Ame et Yuki

de Mamoru Hosoda

Anna est une jeune femme sans histoire jusqu’au jour où elle tombe amoureuse d’un étudiant secret. Okami est un homme-loup, le dernier de son espèce. Ensemble ils ont deux enfants, une fille Yuki et un Ame un petit garçon.  Devenue veuve, Anna se réfugie à la campagne pour élever ses deux enfants tantôt humains, tantôt loups. Elle souhaite ainsi les protéger du monde et leur permettre de choisir leur destinée. Cette chronique familiale contemporaine  s’inscrit dans une nature magnifique.  Le cinéaste parle avec  humour et tendresse de la difficulté d’éduquer  et de guider des enfants. Un beau film sur la tolérance et l’apprentissage de l’indépendance.

Quelques coups de cœur de l’année scolaire 2015-2016 pour les albums jeunesse sélectionnés et lus avec joie par les bibliothécaires, et puis écoutés d’une ou deux oreilles, discutés toujours avec enthousiasme, aimés ou pas trop par les enfants accueillis à la médiathèque de Châlus lors des temps périscolaires.

A la maternelle :

Max le Terrible et Bonne nuit Max Ed Vere

Gros cornichon et Merci le vent ! Edouard Manceau

Couleurs Hervé Tullet

Une forêt blanche et noire Christian Voltz

Tout là-haut Morgane De Cadier, Florian Pigé

Max et les maximonstres Maurice Sendak

Cornebidouille Magali Bonniol et Pierre Bertrand

Un papillon sur un chapeau Bruno Gibert

Et l’application Petting zoo, petit bijoux que les enfants ont pu découvrir individuellement sur les tablettes numériques. 

Les CE2-CM1-CM2 :

Trompe-l’œil Cruschiform et découverte de l’artiste Arcimboldo

Vide-grenier et Marlène baleine Davide Cali

La série des Marcel d’Anthony Browne : Marcel le champion, Marcel et Hugo, Marcel le magicien

Moi, crocodile du Nil Fred Marcellino

Des croquettes à la souris Nadja

Le roi des sables Thierry Dedieu

Les deux pop-up Océano et Dans la forêt du paresseux de Boisrobert et Rigaud

Tout au bord Agnès de Lestrade

Et l’application Blek

Vous pouvez retrouver tous ces albums dans les médiathèques du réseau, pour des découvertes, des relectures et pour les partager avec les enfants.


 

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Comment s'inscrire ?

Adulte résidant dans le Pays de Nexon-Monts de CHALUS 5€

Gratuit pour les moins de 18 ans et les étudiants

Adulte Hors communauté de communes 10€

Primo-inscription uniquement, Réinscription annuelle gratuite

Carte unique pour l'ensemble des médiathèques sur présentation d'une pièce d'identité et d'un justificatif de domicile.

Prêts autorisés par carte :

8 livres, 6 CD, 4 magazines, 2 DVD pour 3 semaines.

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Réseau des médiathèques intercommunales des Monts de CHALUS

05.55.78.83.25

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